Cliquez

pour

signer

X
En signant ce formulaire, j’accepte que les informations saisies soient traitées uniquement dans le cadre du projet de signature du PACTE SANTÉ SERVICE PUBLIC.

Initiative soutenue par la mutualité fonction publique

Merci pour votre signature

BAROMÈTRE « LA GAZETTE » - MNT BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL - lagazette.fr (10/11/2020)

La onzième édition du baromètre bien-être au travail « La Gazette » – MNT souligne le malaise toujours prégnant des agents territoriaux, qui s’inscrit dans une tendance ancrée depuis déjà de nombreuses années. Les conditions de travail jugées peu satisfaisantes n’entament cependant pas un attachement viscéral au service public local.

En matière de bien-être, l’année 2020 marque un funeste retour à la « normale ». Après un ralentissement, l’an dernier, de la constante dégradation du niveau ressenti par les territoriaux depuis cinq ans, celle-ci plonge à nouveau : 55 %des sondés estiment que leur bien-être s’est détérioré, soit 5 points de plus qu’en 2019 (voir le graphique n° 1). Tout aussi préoccupant, 11 % seulement d’entre eux font part d’une amélioration. De fait, la fatigue générale demeure élevée – 3,1 sur 5 pour la fatigue nerveuse et 3,9 sur 5 pour celle liée au physique mais stable, alors que la crise sanitaire et le confinement auraient pu en laisser présager un surcroît encore plus fort.

Pendant le confinement, deux tiers des agents ont télétravaillé, jusqu’à 83 % dans les conseils régionaux. Avec un ressenti très différent selon que l’on se place du point de vue de l’expérience individuelle ou collective. Ainsi, l’organisation de la journée n’a pas posé de problème particulier à 76 % des territoriaux – les agents de la catégorie A sont légèrement en retrait à 72 % – tout comme la conciliation des vies personnelle et professionnelle avec cependant des nuances entre les « C » (73 %) et les « A » (66 %). En revanche, l’accompagnement du management (mal supporté par 40 % des agents) et l’animation des équipes à distance (30 % d’insatisfaction) ont laissé à désirer. Un malaise à mettre en regard de la nouveauté de ce mode de travail pour beaucoup d’entre eux, et des fortes attentes en matière de soutien des collègues et de pratiques managériales efficaces.

Attachés au service public

Plus globalement, les agents estiment avoir continué à remplir leurs missions pendant la crise. Ils partagent à 82 % le sentiment d’avoir contribué efficacement à la continuité du service public au cours de la période et, à 76 %, celui d’avoir répondu aux attentes des usagers (voir le graphique n° 4). D’étude en étude, il ressort que les territoriaux ont le service public chevillé au corps : 80 % d’entre eux sont convaincus de rendre un service de qualité aux usagers et éprouvent, pour près des deux tiers, le sentiment de veiller à la bonne gestion de l’argent public – en baisse néanmoins de 4 points – et à l’exercice de la solidarité au quotidien (voir le graphique n° 3). Remplir une mission de service public constitue, d’ailleurs, le premier motif de satisfaction pour l’ensemble des catégories : 85 % des « A » et des « B » et 82 % des « C ». Dans l’ensemble, ces impressions se traduisent par une fierté, partagée à 83 %, d’exercer leur métier. A noter que leur attachement est toujours davantage lié à la FPT (81 % sont contents d’y travailler) qu’à la collectivité dans laquelle ils travaillent (64 %).

D’autres sources de satisfaction ont, quant à elles, trait à l’ambiance et à l’organisation du travail. Au deuxième rang des motifs de contentement, les relations avec les membres de l’équipe remportent 77 % des suffrages, atteignant même 86 % dans la filière sociale et médicosociale, suivies du degré d’autonomie des agents (73 %) et de l’équilibre entre les vies professionnelle et personnelle (67 %). Les relations avec la hiérarchie laissent, en revanche, dubitatifs 54 % des agents, peut-être le signe de problématiques existant depuis de nombreuses années. C’est d’ailleurs de la pression excessive de la hiérarchie dont se plaignent les deux tiers des agents, bien avant celle des élus (48 %, en baisse de 4 points) ou des usagers (27 %, également en baisse de 4 points).

Confiance fragile en l’avenir

En queue de peloton des motifs de satisfaction, la reconnaissance professionnelle (37 % de satisfaction, en baisse de 4 points) et la rémunération (7 % de satisfaction) représentent des points de crispation toujours très ancrés. Sur ces deux items, le désaveu est particulièrement marqué chez les agents de la catégorie C : 35 % (reconnaissance professionnelle) et 22 % de satisfaction (rémunération). Or, la rémunération et la reconnaissance sont justement jugées comme les éléments les plus importants de l’épanouissement professionnel. Pas étonnant, alors, que 46 % seulement des territoriaux déclarent s’épanouir dans le travail.

Ce tableau en demi-teinte se traduit, enfin, par une confiance fragile en l’avenir (voir le graphique n° 2). Un tiers des agents sont sereins quant à leurs perspectives professionnelles, un chiffre stable par rapport à 2019. Un quart sont confiants sur l’évolution du service public, en progression de 5 points, peut-être en raison de son utilité, réaffirmée depuis la crise. Mais les perspectives d’avancement au sein de la collectivité reculent (elles sont à 17 %), notamment chez les catégorie A (-4 points). Pour l’année à venir, les agents engagent prioritairement leurs employeurs à promouvoir la qualité de vie au travail, puis à garantir le maintien du pouvoir d’achat. Leur troisième voeu, en progression de 4 points en un an, porte sur le maintien de la qualité des services publics locaux.

Des attentes sur la protection sociale

Alors que la réforme de la protection sociale complémentaire doit être présentée en conseil des ministres le 7 mars 2021, les agents expriment trois attentes principales : une garantie « maintien de salaire » (64 %), une participation financière de l’employeur à la complémentaire santé (57 %) et à la prévoyance (46 %). Ainsi, 51 % souhaiteraient que cette participation soit d’au moins 30 euros pour la complémentaire santé et 20 % tablent sur un montant de 20 à 29 euros en prévoyance.

CHIFFRES CLES
  • 55 % des sondés ont suivi des actions de bien-être ou de prévention au sein de leur collectivité, mais 4 % seulement pensent qu’elles sont adaptées aux besoins (en baisse de 5 et 4 points respectivement parmi les catégories A et B).
  • Méthodologie : étude réalisée en ligne pour « LaGazette » et la MNT, du 27août au 27septembre, auprès de 4770agents de collectivités locales ; 21% des répondants travaillent dans une collectivité de 10 000 à 50 000 habitants, 39% travaillent dans la filière de l’administration générale. Etude produite par Infopro Digital études (etudes@infopro-digital.com).