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crise sanitaire :
bilan 1 an après
Rapport de résultats mai 2021 - Étude BVA OPINION

Les fonctionnaires et la crise sanitaire : un an après, quel bilan de la période, quelles perspectives ?

Principaux enseignements de l'étude :
Le télétravail est bien perçu par les fonctionnaires qui ont la possibilité d’en faire dans un contexte de crise toujours présent.

Depuis le début de la crise sanitaire, une minorité non négligeable d’agents de la fonction publique sont amenés à faire du télétravail (41 %) dont près d’un quart qui en fait plus de la moitié de la semaine (3 à 5 jours par semaine 23%) et moins de deux sur dix 1 à 2 jours par semaine (18 %). La majorité des fonctionnaires ne fait pas de télétravail (59 %). Au global, le travail à distance est plus largement pratiqué par les agents de la fonction publique d’état (52 %) ceux des catégories A (53 %) et les enseignants (60 %)

Parmi ceux qui continuent de travailler sur site à temps complet, la possibilité d’exercer son activité à distance n’est pas jugée très attractive. Un quart souhaiterait télétravailler (23 % dont seulement 7% beaucoup) contre 27% qui ne le désirent pas (dont 13 % pas du tout). A noter que la majorité des agents qui ne font pas de télétravail ont une mission qui ne le leur permet pas (50 %).

Selon les fonctionnaires qui sont amenés à télétravailler depuis le début de la crise sanitaire, cela se passe bien tant sur le plan technique qu’organisationnel pour près des trois quarts d’entre eux (74 %). Le télétravail est également largement perçu comme un moyen de mieux concilier leurs vies professionnelle et personnelle (74 %) ou tout simplement leur permettre de continuer à exercer pleinement leur activité (72 %). Les avis sont globalement moins positifs auprès des enseignants, des agents de la fonction publique d’Etat et ceux des catégories A. A l’inverse, les agents de la fonction publique territoriale et ceux des catégories B et C sont encore plus enthousiastes qu’en moyenne au sujet du télétravail.

La crise sanitaire n’en était finalement qu’à ses débuts lors de la première mesure de l’étude réalisée en mai 2020 et elle se poursuit aujourd’hui. Aujourd’hui, moins de sept fonctionnaires sur dix ont le sentiment de bien vivre la situation (68 %) c’est cinq points de moins qu’il y a un an (73 % en mai 2020). Les agents de la fonction publique hospitalière (51%, -16 pts), ceux des catégories A (58 %, -13 pts) ou encore les personnes âgées de 60 ans et plus (68%, -10 pts) font partie des populations chez qui on observe les plus fortes baisses en un an.

Un sentiment d’épuisement qui n’aura néanmoins pas atteint la perception qu’ont les fonctionnaires d’eux-mêmes qui se considèrent aujourd’hui encore plus utiles (83%, +11 pts par rapport à mai 2020) et fiers de leur mission (79%, +6 pts). A l’inverse, ils sont moins nombreux qu’en mai 2020 à avoir le sentiment d’être reconnus par la société (34 %, -3 pts) et valorisés (28%, -3 pts).

Depuis le début de la crise, le soutien provient toujours principalement des collègues (85%, +2 pts), devant celui des usagers ou du public avec lequel ils sont en contact dans leur métier (61%, -1 pt). Si le sentiment d’appui de la hiérarchie est toujours majoritaire, il est néanmoins en nette baisse par rapport à l’année dernière (54%, -10 pts).


Des difficultés engendrées par la crise sanitaire encore plus nombreuses qu’il y a un an.

Si les difficultés rencontrées par les fonctionnaires depuis le début de la crise sanitaire étaient déjà présentes en mai 2020 elles sont aujourd’hui toujours plus nombreuses. Plus de six agents sur dix souffrent plus qu’il y a un an d’un manque d’information (67 %, +4 pts), de problèmes de santé liés à la fatigue ou au stress (63 %, +15 pts) et d’un manque de moyens pour effectuer leur travail (61 %, +4 pts). De même, une majorité évoque désormais l’isolement et la solitude (51 %, + 4 pts).

D’autres préoccupations sont également pointées du doigts comme le matériel inadapté (60 %), le manque de protection dans le cadre de leur travail (52 %), les difficultés pour gérer la vie privée et la vie professionnelle (46 %, + 2 pts) ou celles dans la relation avec la hiérarchie, les collaborateurs ou les collègues (39 %). La baisse de revenus est enfin mentionnée par plus de deux fonctionnaires sur dix, et notamment par les moins de 30 ans (33 %) les agents de la fonction publique territoriale (27 %) et ceux de la catégorie C (25 %).


De nombreux sentiments d’inquiétude concernant l’avenir de la fonction publique.

Lorsqu’ils pensent à l’avenir d’une manière globale, les fonctionnaires sont partagés et leurs niveaux d’optimisme et de pessimisme sont comparables à ceux de l’an passé. Un agent de la fonction publique sur deux est optimiste (51%, + 1 pt), en particulier ceux de la fonction publique territoriale (58 %), ceux appartenant aux catégories B (58 %) et C (55 %) et les personnes âgées entre 30 et 39 ans (58 %). A l’inverse, 49 % des fonctionnaires se disent pessimistes quant au futur (- 1 pt) Les agents de la fonction publique hospitalière (60 %, -9 pts) et ceux de la catégorie B (42 %, -7 pts) sont moins pessimistes que l’année dernière.

Mais lorsque les fonctionnaires sont interrogés de façon plus précise concernant l’avenir dans la fonction publique, les sentiments d’inquiétude sont plus élevés dans chacun des domaines. Ainsi, près des trois quarts des agents sont pessimistes concernant l’évolution du fonctionnement de la Fonction publique (74 %) et l’image des fonctionnaires auprès des Français (72 %). Plus des deux tiers le sont au sujet de la reconnaissance de leur travail (69 %) de l’attractivité des métiers de la fonction publique (67 %) et de l’évolution de leurs marges de manœuvre dans leur travail ainsi que leurs conditions de travail (66 % pour les deux). Les enseignants et les agents de la catégorie A sont systématiquement les plus pessimistes.

Néanmoins, si les fonctionnaires ne semblent pas très optimistes même au bout d’un an de crise, huit sur dix pensent continuer à travailler dans la fonction publique (80 %). Notons toutefois que près d’un sur dix (8 %) souhaite se réorienter, principalement parmi les agents de la fonction publique hospitalière (12 %) et 12 % comptent demander une mobilité interne.

Enfin, les réformes en cours concernant la fonction publique sont accueillies avec scepticisme par une majorité de fonctionnaires qui considèrent qu’elles vont plutôt dans le mauvais sens, que ce soit pour transformer efficacement la Fonction publique (60 %) ou renforcer l’attractivité des métiers (56 %).



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